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RUIS

Le Centre universitaire de santé McGill et le RUIS McGill ne ménagent jamais leurs efforts

Afin d’adapter les services de santé au XXIe siècle, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec a créé le Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) en 2003. Il a divisé le territoire du Québec entre les quatre centres hospitaliers universitaires rattachés aux facultés de médecine de la province. Le RUIS visait ainsi à faciliter les soins spécialisés, l’enseignement médical et la recherche médicale dans les diverses régions de la province.

Le RUIS McGill, dont fait partie le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), couvre un territoire vaste et varié du Québec, qui s’étend sur plus de la moitié de la province, de Montréal au Nunavik, dans le Grand Nord. Il dessert près de 1,8 million de personnes de communautés variées et de tous les horizons.

L’histoire suivante démontre la responsabilité du CUSM envers les patients et les familles de ce vaste territoire, et sa relation avec eux à titre d’établissement de santé qui prodigue des soins complexes.

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Le personnel de la Clinique de la tuberculose de l’ITM se déplace pour aider les patients à gérer la tuberculose


En 2012, lorsqu’une éclosion de tuberculose a frappé une petite communauté inuite au Nunavik, dans le nord du Québec, Amélie Fosso, infirmière clinicienne spécialiste à la Clinique externe de la tuberculose de l’Institut thoracique de Montréal (ITM) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), a immédiatement offert ses services pour faire partie de l’équipe montréalaise constituée pour venir en aide à cette collectivité.

L’infirmière Amélie Fosso montre fièrement le prix Outreach du Département de médecine du CUSM, que la Clinique de la tuberculose de l’ITM et celle de l’Hôpital de Montréal pour enfants ont reçu en 2013, en reconnaissance de leurs efforts pour renforcer les liens avec la collectivité, plus particulièrement auprès des groupes non desservis ou auprès des minorités.

« Je voulais aider et apprendre à mieux connaître la communauté inuite, car ils font partie de la clientèle que nous suivons à la clinique externe à Montréal, explique-t-elle. L’expérience a été enrichissante, bien qu’elle se soit déroulée dans des circonstances difficiles. »

La tuberculose est une préoccupation majeure dans les communautés du nord du Canada et reste une sérieuse menace à la santé dans le monde entier. Chaque année, elle touche plus de neuf millions de personnes et en tue 1,5 million, constituant la principale cause de décès par infection dans le monde.. La gestion d’une éclosion de tuberculose est complexe; elle nécessite la collaboration d’experts en médecine et en soins infirmiers, de patients et de membres de la communauté. L’infection touche généralement les poumons et peut être très contagieuse; c’est pourquoi il faut procéder rapidement au diagnostic et à la gestion de la maladie. Le Dr Faiz Ahmad Khan, pneumologue, dirige les services cliniques relatifs à la tuberculose à l’ITM. Il se rend au Nunavik deux ou trois fois par année à titre de consultant médical pour la tuberculose et pour d’autres maladies pulmonaires. Il note que, bien que le Nunavik ait un taux très élevé de tuberculose, chaque année un certain nombre de foyers sont aussi détectés sporadiquement dans le reste du Québec, y compris dans la grande région de Montréal.

« Lorsque l’infection est latente, la tuberculose n’est pas contagieuse et il n’y a pas de symptômes. Nous pouvons donc traiter le patient pour réduire le risque de développer la tuberculose active, explique-t-il. Cependant, une fois que l’infection devient active, elle peut être transmise à d’autres et peut être mortelle. Il est essentiel de retracer toutes les personnes avec lesquelles le patient atteint d’une tuberculose active est entré en contact. »

Un autre élément clé pour gérer avec succès la tuberculose est de s’assurer que les patients reçoivent et suivent le traitement adéquat et pendant plusieurs mois, et ce, sans interruption jusqu’à la fin; c’est cependant plus facile à dire qu’à faire, selon le Dr Ahmad Khan. 

« Les gens doivent vivre leur vie au quotidien; c’est tout un défi pour eux que de suivre un traitement médicamenteux qui nécessite un suivi s’échelonnant sur plusieurs mois. Heureusement, nos infirmiers et infirmières, et notre travailleuse sociale sont dévoués et spécialisés dans la gestion de la tuberculose : ils apportent leur appui aux patients en les incitant à prendre leurs médicaments, font des visites à domicile, interagissent avec la Santé publique et défendent les intérêts des patients. Avec nos médecins spécialistes, ils font la force de la clinique. »

Les stigmates de la tuberculose sont encore présents

Amélie Fosso et ses collègues — les infirmiers cliniciens spécialistes Denis Francis et Octavian Boitor — interviennent de différentes façons pour atténuer les conséquences importantes de la tuberculose sur les patients et leur famille. Ils misent notamment sur l’éducation des patients et de la famille pour créer un lien de confiance et pour obtenir l’adhésion au traitement. 

« Notre rôle consiste à rassurer les gens et à leur présenter les faits sur la tuberculose : de quoi il s’agit, comment se propage l’infection, comment la soigner, etc. Nous créons des liens étroits avec les patients ainsi qu’avec leur famille et adaptons nos interventions à leur profil. Une fois qu’ils sont bien renseignés et rassurés, il est plus facile de gérer la maladie. » 

L’éducation s’avère également essentielle pour lutter contre les stigmates associés à la tuberculose qui subsistent encore de nos jours, ajoute Amélie Fosso.

« Les personnes qui reçoivent un diagnostic de tuberculose active doivent être isolées de leur travail et de leur environnement social pendant une période allant de deux semaines à quelques mois; elles sont souvent victimes de rejet de la part de leurs collègues, de leurs amis et même des membres de leur famille, explique-t-elle. Certains employeurs refusent de reprendre des employés qui ont eu la tuberculose parce qu’ils ne veulent pas que leur milieu de travail soit associé à la maladie. C’est pourquoi il est essentiel d’éduquer la communauté et d’offrir du soutien psychologique aux patients. » 

Qu’ils soient en train de partager leur expertise médicale et en soins infirmiers pour gérer les éclosions de tuberculose dans le Nord — Amélie est retournée au Nunavik une deuxième fois en 2013 — ou qu’ils soignent et rendent visite aux patients dans des collectivités à Montréal, le personnel de la Clinique de la tuberculose de l’ITM s’efforce de faire connaître la lutte qui est menée contre la tuberculose et de sensibiliser la population à la maladie, afin d’aider les patients à prendre leur situation en main et afin de mobiliser les communautés, dans le but d’amener ces dernières à faire preuve de compassion envers les personnes atteintes de tuberculose. 

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Cinq éléments à connaître à propos de la Clinique de la tuberculose de l’ITM


La Clinique de la tuberculose de l’ITM est un centre de référence important à Montréal ainsi que sur le territoire du Réseau universitaire intégré de santé McGill (RUIS McGill), qui représente plus de la moitié de la superficie du Québec. Le Dr Kevin Schwartzman, pneumologue et directeur de la division de médecine respiratoire (adultes) du CUSM, énumère quelques faits importants sur la Clinique de la tuberculose.

Nous offrons des soins complexes aux patients et à leur famille, et traitons des formes graves de la tuberculose qui deviennent plus prévalentes dans le monde : la tuberculose pharmacorésistante, la tuberculose multirésistante et la tuberculose ultrarésistante. 

Nous travaillons à titre de consultants en étroite collaboration avec le directeur de la Santé publique du Québec, afin de maîtriser les éclosions. 

Nous collaborons avec Immigration Canada; nous évaluons les immigrants et les réfugiés venant de pays où la tuberculose est répandue. 

Nous travaillons à titre de consultants en médecine respiratoire et en tuberculose au Nunavik, la région du nord du Québec, où les taux de tuberculose sont plusieurs fois plus élevés que dans le reste de la province. 

Nous sommes une référence en matière de recherche sur la tuberculose à Montréal. Notre programme de recherche intégré sur la tuberculose signifie que les résultats de la recherche en cours et des essais cliniques peuvent être immédiatement intégrés à notre pratique. Cela signifie également que nous pouvons concentrer nos recherches sur des questions clés qui se posent au fur et à mesure que nous traitons nos patients atteints de tuberculose et que nous nous efforçons d’éviter que cette maladie se répande dans nos collectivités. 

Les experts en soins de santé de la Clinique de l’ITM luttent contre cette maladie sur de nombreux fronts. Sur la photo, les infirmiers cliniciens spécialistes Denis Francis et Amélie Fosso entourent le Dr Kevin Schwartzman, directeur de la division de médecine respiratoire (adultes) du CUSM.